Citadelles

avr 15
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Abordons aujourd’hui un grand classique du jeu de société moderne, un indétrônable qui a su acquérir ses lettres de noblesse. Citadelles est sorti pour la première fois en 2000 chez Multisim ; en 2003 une deuxième édition sort chez Ubik avec quelques cartes supplémentaires ; et en 2010 est parue la troisième édition chez Edge avec les nouvelles cartes de l’extension La Cité Sombre datant de 2007. Citadelles est un jeu de Bruno Faidutti, un auteur prolifique et reconnu qui a créé pas mal de petits bijoux. Le jeu profite des illustrations de plusieurs talentueux artistes : Julien Delval, Florence Magnin, Jean-Louis Mourier et Jesper Eising. Les deux premières éditions mettaient un âge conseillé de 14 ans, mais la troisième indique 10 ans, ce qui est bien plus raisonnable (on peut même envisager dès 8-9 ans avec des enfants joueurs avertis, bien qu’ils vont probablement passer à côté de certaines combinaisons). Le jeu se joue de 2 à 8 joueurs pour des parties d’une petite heure. A noter que les règles standards fonctionnent à partir de 4 joueurs ; à 2 ou 3 il y aura des variantes certes très intéressantes mais nécessitant de connaître déjà un peu le jeu.

Les joueurs de Citadelles seront chacun à la tête d’une cité à construire. Ils vont donc utiliser leur or pour poser des quartiers ; mais surtout ils devront sélectionner certains personnages qu’ils emploieront afin de construire mieux et plus vite, et afin de nuire à leurs adversaires aussi. Citadelles est un jeu où, certes, chacun joue chez soi pour construire sa cité, mais où l’interaction est très forte ; il est essentiel de regarder ce que font les autres, d’agir sur leurs actions, voire de négocier. A partir de règles simples, il permettra de développer un sens tactique parfois très poussé, selon la manière de jouer des personnes présentes.Lorsqu’un des joueurs a construit 8 quartiers, la partie s’arrête et on compte les points en fonction de la qualité des quartiers construits.

Citadelles se présente sous la forme d’une petite boîte cartonnée. A l’intérieur, en plus des règles, on trouvera des pièces d’or et des cartes ; ces dernières sont réparties en quartiers et personnages (plus une carte couronne indiquant quel joueur est le roi et quelques cartes aide-mémoire). On distribue aléatoirement quatre cartes quartier à chaque joueur et on constitue une pioche face cachée avec le reste. Chacun reçoit aussi deux pièces d’or, un aide-mémoire, et la carte couronne est attribuée aléatoirement.

Les cartes quartiers ont un coût en pièces qui indique aussi le nombre de points qu’ils rapportent en fin de partie. De plus, chaque quartier se voit attribué une couleur définissant son type : marchand, religieux, noble ou militaire. Les huit cartes personnage sont ensuite mélangées. Selon le nombre de joueurs, on en écarte un certain nombre, au hasard, certaines face visible d’autres face cachée. Puis le possesseur de la couronne choisit secrètement une carte personnage et tend le tas restant à son voisin de gauche, et ainsi de suite. Ce système de draft va laisser au dernier joueur deux cartes à choix et il défaussera secrètement celle qu’il n’y pas retenue. Chacun va ainsi se retrouver avec un personnage qu’il pourra utiliser pendant ce tour. Les personnages ont tous un numéro qui indique l’ordre dans lequel ils vont pouvoir agir ; le possesseur de la couronne les appelle dans l’ordre, et chacun son tour les joueurs vont ainsi agir. Que peut faire un joueur pendant son tour?

Tout d’abord il va choisir entre prendre des pièces et des cartes. Un joueur peut donc prendre deux pièces d’or à la banque. Ou bien il peut prendre deux cartes quartier de la pioche , en garder une dans sa main et défausser l’autre.

Le joueur peut ensuite poser l’une de ses cartes quartier devant lui en payant son coût à la banque, constituant ainsi sa cité ; il est interdit d’avoir deux fois le même quartier devant soi.

De plus, chaque personnage dispose d’un pouvoir particulier que le joueur peut utiliser à n’importe quel moment de son tour. Et c’est ici que Citadelles prend toute sa saveur car ces pouvoir vont grandement impacter le jeu et provoquer des retournements de situation et des effets intéressants. L’assassin qui tue un autre personnage (sans savoir quel joueur l’a joué) et donc l’empêche de faire quoi que ce soit ; le voleur qui s’empare des pièces d’un autre ; l’architecte qui peut construire des quartiers supplémentaires ; etc. Chacun a ses avantages, et peut donner un avantage significatif s’il est joué au bon moment. De plus, certains d’entre eux vous permettent de gagner de spièces d’or en fonction des types de quartier que vous possédez.

Ajoutez à cela que certains quartiers, dits de prestige, disposent eux aussi de capacités spéciales lorsque vous les avez construit (bien que leur coût soit élevé). Et vous pouvez imaginer la richesses des possibilités offertes par ce jeu. Les combinaisons de pouvoirs, les enchaînements, les choix, le système de draft, les tentatives de deviner le jeu des autres, tout cela se mélange pour former un jeu passionnant. La répartition des cartes donne des parties variées. Il y a une grande interaction dans le fait d’agir sur les autres, mais aussi dans le système de guess-double guess ; je pense que lui va jouer ce personnage, mais va-t-il le jouer s’il pense que je pense qu’il va le jouer?

Ainsi, lorsqu’un joueur pose son huitième quartier, on termine le tour en cours et le jeu s’arrête, il n’y a plus qu’à compter les points. Soit la somme des points indiqués sur les quartiers construits. Des bonus pour le premier joueur à avoir posé 8 quartiers, ainsi que pour les autres joueurs qui auraient réussi dans le même tour. Bonus également pour qui a les 5 types de quartiers.

On notera qu’à 2 ou 3 joueurs, chacun aura 2 personnages par tour. Ce qui donne lieu à des choix et des combinaisons nettement plus tactiques.

Vous trouverez au Dé Blanc les deux premières éditions du jeu. Citadelles est un très bon jeu, passionnant, aux règles simples mais aux implications et aux possibilités tactiques vastes et riches. Il est passionnant et en plus très beau. Essayez-le, vous ne le regretterez pas.

Quelques liens :

La règle sur le site de l’auteur

La fiche Tric Trac

Sur Boardgamegeek

La règle en vidéo

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