Cyclades

jan 14
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Ce week-end, nous avions comme invité Bruno Cathala, alors nous allons présenter comme jeu de la semaine l’une de ses créations, qu’il a effectuée en collaboration avec Ludovic Maublanc. Cyclades est un jeu paru aux éditions Matagot en 2009 et qui s’est assez vite imposé. Il s’agit d’un jeu pour 2 à 5 joueurs (d’autant plus intéressant à 4-5 surtout), que l’on pourrait qualifier de « familial plus » ; ses mécaniques sont plutôt accessibles, mais la durée de ses parties et ses nombreuses possibilités le destinent quand même à des gens qui aiment passer un peu de temps sur leur jeu. La durée annoncée des parties est de 90 minutes, mais elle dépend quand même du nombre de joueurs et peut être en-dessous. La boîte annonce un âge minimum conseillé de 14 ans, ce qui est un abusif. Un enfant un peu motivé de 12 ans pourra très bien y jouer, et on peut même descendre à 10 ans pour peu que l’on ait affaire à un enfant qui a l’habitude de jouer.

Dès l’ouverture de la boîte (et même déjà rien qu’en la regardant), le premier truc qui saute aux yeux c’est la qualité du matériel fourni. Le travail d’illustration de Miguel Coimbra est comme toujours absolument magnifique et contribue grandement à l’ambiance du jeu. On trouve dedans tout plein de choses :

  • un livret de règles multilingues (pas de texte sur le matériel de jeu) ;
  • un plateau modulaire en deux parties et recto-verso afin de s’adapter au nombre de joueurs ;
  • un deuxième plateau permettant de gérer les Dieux et créatures mythologiques ;
  • un tas de pièces d’or en carton épais et solide ;
  • diverses cartes ;
  • des dés ;
  • une série de jetons en carton solide ;
  • un set de figurines représentant des créatures mythologiques, superbement réalisées ;
  • pour chaque joueur, un magnifique paravent et une série de figurines navires et soldats (selon la couleur, les figurines sont même différentes).

Chaque joueur va prendre en main le destin de l’une des cités des îles des Cyclades pendant une ère grecque fantasmée et imaginaire. Le but est de devenir la première cité à édifier trois métropoles. Il y a trois moyens de construire une métropole :

  • construire un exemplaire de chacun des quatre types de quartiers nécessaires ;
  • avoir quatre philosophes ;
  • en voler une à un adversaire par la manière forte.

 

Le jeu mélange divers mécaniques assez classiques, mais d’une manière qui a une certaine originalité. on retrouvera donc un système d’enchères, un système de majorité, un système de déplacement, et même un système d’affrontement avec dé. Voyons un peu plus en détails comment se déroule un tour de jeu…

On va commencer par effectuer une petite manipulation des cartes représentant les créatures mythologiques afin de voir lesquelles seront disponibles pendant ce tour et à quel coût ; chacune dispose d’un certain pouvoir et les joueurs peuvent dépenser de l’or pour en activer une ou plusieurs durant leur tour. La pile comporte un certain nombre de créatures qui vont faire un tournus pendant le jeu.

On va ensuite placer au hasard les tuiles représentant les Dieux sur la piste des enchères. Cet ordre au hasard va donc changer à chaque tour. A noter qu’à moins de 5 joueurs, tous les Dieux ne seront pas accessibles à chaque tour. Ces Dieux sont Poséidon, Arès, Zeus et Athéna ; auxquels s’ajoute Apollon, toujours présent, et toujours dernier de la liste.

Les joueurs touchent ensuite leurs revenus en fonction du nombre de cornes d’abondance qu’ils contrôlent. ces cornes sont réparties sur le plateau de jeu, et il est possible d’en obtenir davantage par la suite en cours de jeu. A noter que les pièces sont cachées derrière le paravent des joueurs, ceci afin d’empêcher les autres de connaître notre fortune exacte.

Vient ensuite la phase d’enchères pour s’attirer les faveurs des différents Dieux. Dans l’ordre inverse de jeu du tour précédent, chaque joueur peut enchérir sur un Dieu, et un seul ; il ne peut enchérir qu’une somme qu’il pourra payer. Si un jouer vient surenchérir sur le même Dieu, le joueur qui a été dépassé devra alors immédiatement enchérir sur un autre Dieu. La phase d’enchères s’arrête une fois que tout le monde a enchéri sur un Dieu. L’exception est Apollon qui accepte plusieurs personnes (et qui ne coûte rien).

On va ensuite agir dans l’ordre dans lequel les Dieux sont disposés sur la piste d’enchères, et les actions possibles dépendent du Dieu dont on a obtenu les faveurs.Poséidon permet de recruter des navires, d’en déplacer (ce qui peut donner lieu à des combats en cas de rencontre avec des adversaires) et de construire des ports sur l’une de nos îles. Arès permet de recruter des soldats, de les déplacer (des navires sont nécessaires pour rejoindre d’autres îles, et là aussi des combats peuvent avoir lieu), et de construire des casernes. Zeus permet d’obtenir des prêtres (qui ont l’avantage de diminuer le coût des enchères) et de construire des temples. Athéna permet d’obtenir des philosophes et de construire des universités. En plus de permettre la construction d’une métropole, chaque type de quartier (sauf l’université) donne des avantages en jeu. Apollon, lui, permet de gagner des pièces d’or (et une corne d’abondance pour le premier joueur qui demande ses faveurs dans un tour).

C’est aussi à ce moment que l’on peut activer une ou plusieurs créatures mythologiques.

Si il y a un combat (naval entre navires ou terrestres entre soldats), on compare le nombre de troupes dans chaque camp et on lance un dé dont on additionne le résultat aux troupes. C’est un système très simple et rapide.

Quand un joueur à deux métropoles, le jeu s’arrête et il est déclaré vainqueur.

Cyclades est un très bon jeu. Pour commencer, il est beau, très agréable à jouer et à manipuler, et ce n’est pas négligeable. Ensuite, son utilisation combinée de divers mécaniques de jeu le rend très intéressant. Sans pour autant que cela ne soit trop complexe. Il demande certes une petite prise en main mais se révèle très facilement jouable dès la première partie.

A noter que le jeu dispose d’une extension, Hadès, qui ne fait pas partie de l’assortiment du Dé Blanc (nous n’avons que peu d’extensions de jeux). Elle comprend plusieurs modules qui peuvent être ajoutés au jeu de base afin de décupler ses possibilités. Une deuxième extension est en cours de préparation par les auteurs… On n’a donc pas fini d’entendre parler de Cyclades.

 

Quelques liens :

Site de l’éditeur

Fiche Tric Trac (et celle de l’extension Hadès)

Fiche Boardgamegeek

Présentation sur le blog de B. Cathala

La vidéorègle complète du jeu par Yahndrev

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