Hanabi

jan 6
Posted by

Bonjour chers visiteurs,

Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique, à savoir le jeu de la semaine. En fait nous avions vaguement entamé la chose avant les vacances en faisant le lien avec les articles de la semaine SmallWorld. Donc nous allons vous faire découvrir chaque semaine un jeu de notre assortiment qui nous plait bien. Connu ou pas, pour jeunes ou moins jeunes, pour curieux ou joueurs avertis, il y aura de tout… Peut-être de quoi attiser votre curiosité et vous pousser à emprunter d’autres jeux.

Cette semaine nous commençons avec Hanabi, un petit jeu d’Antoine Bauza, pour 2 à 5 joueurs avec un âge minimum conseillé de 8 ans (ceci à cause de la tactique et de la mémoire nécessaires). Le jeu est sorti tout d’abord en 2010 chez les XII Singes dans un pack avec un autre jeu, Ikebana. Petit éditeur, petit tirage, mais Hanabi a fait beaucoup d’émules, et Cocktail Games l’a repris dans son giron en 2011. Il se présente dans le format des petites boites métalliques cher à cet éditeur. En plus de ses cartes au format carré, on trouve dans la boîte quelques jetons.

Le mot « Hanabi » fait référence à l’art japonais du feu d’artifice et dans ce jeu chaque joueur prend le rôle d’un artificier. Il s’agit d’un jeu coopératif où les joueurs vont devoir travailler ensemble à créer le plus beau feu d’artifice possible. Il y a en fait 5 feux à créer, un de chacune des couleurs. Et pour les faire, chaque feu doit être tiré de manière progressive, à savoir en jouant les cartes de la couleur en question dans l’ordre, du 1 au 5. Le jeu comporte pour chaque couleur 3 cartes de valeur 1, 2 cartes pour chaque valeur 2, 3 et 4 et 1 carte de valeur 5. Chaque joueur se verra remettre une main de cartes qu’il ne devra pas regarder. Il va les prendre en main, dos contre lui et seuls les autres joueurs vont voir ce dont il dispose. Ce principe est assez surprenant au premier abord, assez déroutant même. Mais très sympathique une fois que l’on s’y fait. Les jetons bleus sont posés dans la boîte ouverte et les 3 jetons rouges à côté de celle-ci.

soireejeux_121124_035

Chaque joueur pourra à son tour faire une et une seule des 3 actions ci-dessous :

  • Donner un indice. On peut donner à l’un des autres joueurs un indice de couleur ou de valeur. Si je donne un indice de valeur, je dois lui indiquer toutes les cartes de sa main ayant la même valeur en lui disant quelle est cette valeur. Ou alors je peux faire de même avec une couleur. Le joueur peut alors s’il le désire réorganiser son jeu afin de s’aider à mémoriser où sont quelles cartes. Mais il ne peut toujours pas les regarder. Lorsque l’on donne un indice, on retire un jeton bleu de la boîte ; donc quand il n’y a plus de jeton dans la boîte, on ne peut plus donner d’indice.
  • Défausser une carte. Je peux indiquer une carte de ma main que je défausse. Elle est donc retirée du jeu, au risque de ne plus pouvoir aller au bout du feu d’artifice de la couleur en question (par exemple si les deux cartes jaunes de valeur 3 sont défaussés, le feu d’artifice jaune s’arrêtera à la carte 2 au maximum). Si je défausse une carte, je remets un jeton bleu dans la boîte et je reprends une carte pour compléter ma main.
  • Jouer une carte. Je peux indiquer une carte de ma main que je vais jouer. Si elle s’insère dans les feux en cours de manière correcte ou débute un nouveau feu pas encore entamé, tant mieux. Sinon, elle est défaussée et un jeton rouge est mis dans la boîte (et je reprends une carte pour compléter ma main) ; quand les trois jetons rouges sont dans la boîte, la partie s’arrête. Pour être correctement jouée, une carte doit donc ou bien être de valeur 1 et débuter un nouveau feu d’artifice pas encore commencé (il ne peut y avoir qu’un feu de chaque couleur) ; ou alors elle doit compléter un feu en cours, par exemple être de valeur 3 dans une couleur qui a déjà son 2 de posé.

la partie s’arrête soit quand les cinq feux d’artifice sont terminés avec leurs cartes de valeur 5 (très rare), soit quand trois jetons rouges sont dans la boîte, soit quand il n’y a plus de cartes à piocher. On additionne alors les cartes les plus hautes obtenues sur chaque feu d’artifice pour obtenir notre score (maximum 25 donc).

soireejeux_121124_036

Le jeu est vraiment très agréable. Rapide, simple, il prend très vite une dimension tactique importante. Dans les premières parties, on se laissera vite aller à vouloir donner beaucoup d’indices pour que les autres joueurs sachent quelles cartes jouer ; et on se retrouvera très vite à court de jetons bleus. On comprend alors qu’il faut aussi indiquer de quelles cartes les autres peuvent se défausser (celles qui ont déjà été posées) afin de récupérer des jetons. Au final, les jetons bleus sont bien peu nombreux et il s’agira de toujours chercher à optimiser les indices données. Arrivera fatalement le moment où on devra se défausser de cartes sans être certain de leur utilité (le malheur de se rendre compte que l’on a anéanti toute chance de terminer l’un des feux).

Il y a aussi toute une très intéressante part de confiance et de déduction ; « si il m’indique que j’ai une carte rouge là, est-ce que cela veut dire que c’est celle qui peut être jouée maintenant ou bien est-ce que j’attends encore avant de la jouer pour que l’on m’indique sa valeur, au risque de gaspiller un jeton? » La tension qui en ressort est vraiment intéressante.

Hanabi est un petit jeu très sympathique, au thème agréable et coloré, et à la mécanique simple. Celle-ci déclenche cependant des trésors de réflexion qui le rendent vraiment passionnant.

A noter que l’édition dont nous disposons au Dé Blanc est une réimpression qui comprend directement la mini-extension Avalanche de couleurs, de 5 cartes multicolores en plus, permettant de faire un feu de plus, et donc plus de points, mais plus difficile à réaliser.

Quelques liens sur Hanabi :

Page sur le site de l’éditeur Cocktail games

Fiche Tric Trac

Fiche Boardgamegeek

Blog de l’auteur

Page de Hanabi et Ikebana chez les XII Singes

 

%d blogueurs aiment cette page :