Mr Jack

fév 4
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Notre jeu de la semaine est un jeu à deux. Eh oui, juste à deux, ni plus ni moins. Nombre de jeux de société peuvent se jouer de deux à plus, mais perdent pas mal de leur intérêt à seulement deux joueurs. Si l’on joue régulièrement en duo, il peut être très intéressant de choisir un jeu spécialement taillé pour. Et Mr Jack est l’un de ceux-là. On retrouve aux commandes de ce jeu le duo Bruno Cathala – Ludovic Maublanc, et le tout est agrémenté par le très bon travail d’illustration de Piérô. Mr Jack est sorti en 2006 chez Hurrican, avec un âge minimum conseillé de 9 ans et des parties d’environ 30 minutes.

Mr Jack est un jeu dit « asymétrique » dans le sens que les deux joueurs ne font pas la même chose et n’ont pas le même but. Nous sommes dans le quartier de Whitechapel à Londres et jack l’Eventreur frappe, poursuivi par une bande de détectives. Seulement voilà, Jack est en fait l’un des huit détectives. L’un des joueurs prend le rôle de Jack, avec pour but de s’enfuir du quartier ou de tenir le coup sans être reconnu avant l’aube. L’autre joueur devient l’enquêteur et devra déterminer l’identité de Jack pour pouvoir l’attraper avant l’aube. Chacun son tour, les deux joueurs vont pouvoir déplacer l’un des huit personnages et utiliser le pouvoir spécial de ce dernier afin de servir leurs desseins. A la fin du tour, on regarde si Jack est dans l’ombre ou visible (c’est-à-à-dire sur une case contiguë à l’un des autres personnages ou d’un lampadaire). Sachant cela, l’enquêteur peut dès lors éliminer des suspects et tenter de trouver l’identité de Jack l’Eventreur.

Au début du jeu, on installe le plateau comme indiqué. Il comprend de base, inamovibles, une série de cases lampadaires, de bouches d’égouts, de bâtiments, de rues, de cordons de police, de sorties, ainsi que nos huit personnages disposés à des endroits spécifiques. La mise en place de départ est immuable. Le joueur qui prend Jack va tirer secrètement et au hasard une carte dite « alibi » lui indiquant l’identité de Jack. Puis commence le premier tour.

On va tirer du paquet quatre des huit cartes personnages et les poser faces visibles. L’enquêteur va en premier choisir celui qu’il veut utiliser, c’est-à-dire déplacer et/ou utiliser le pouvoir spécifique. Puis Jack va faire de même avec deux autres personnages et enfin l’enquêteur prendra le quatrième. On regarde si Jack est visible ou non, et l’enquêteur peut retourner sur leur verso les pions des suspects écartés. On retire ensuite l’un des pions lampadaires afin de mettre plus d’obscurité dans la ville. Au deuxième tour, on prend les quatre personnages non tirés, Jack joue en premier, puis deux fois l’enquêteur, et Jack à nouveau. Et on termine comme au premier. Pour le troisième tour, on remélange les cartes personnages pour en tirer quatre à nouveau, et ainsi de suite pendant huit tours.

Si Jack n’est pas découvert après huit tours, il a gagné. S’il réussit à sortir par l’une des cases sortie du plateau avant, il a gagné aussi. Si l’enquêteur accuse l’un des personnages d’être Jack mais se trompe, il a perdu ; il ne gagnera que s’il accuse avec raison un personnage d’être Jack avant la fin des huit tours.

Chaque personnage peut se déplacer et/ou utiliser une capacité spéciale qui peut permettre de déplacer un lampadaire, de fermer une bouche d’égout, de passer à-travers les murs, de déplacer d’autres personnages, d’échanger sa place avec un autre, de disposer d’une lanterne mettant toute une rue dans la lumière, de regarder une carte « alibi » afin d’éliminer un personnage de la liste des suspects, etc. Chacun peut se révéler utile aussi bien à l’enquêteur qu’à Jack, selon la configuration du plateau, l’emplacement des personnages, et l’identité de Jack.

Le mécanisme de base du jeu est vraiment d’élimination des suspects. Le but de l’enquêteur sera de répartir au mieux (moitié-moitié) ses suspects entre visibles et dans l’ombre, ceci afin de départager au mieux. Ainsi à la fin du premier tour, s’il a travaillé correctement, il pourrait rayer de sa liste quatre suspects sur les huit ; et tenter au tour suivant de départager parmi ces quatre. Oui mais voilà, son adversaire va bien entendu tenter de travailler à l’inverse, et ainsi de mettre un maximum de personnages dans la même situation (visible ou non) que Jack ; et si possible dans l’ombre car Jjack ne peut pas quitter le plateau s’il est visible.

Ce jeu de déduction rend très bien le suspens pour les deux camps en présence. D’un côté la liste des suspects qui se réduit et met donc la pression sur Jack. De l’autre côté le temps qui passe et rapproche l’enquêteur de la défaite. Le résultat est très intéressant et prenant. D’autant que l’aspect visuel et la qualité du matériel (en particulier notons l’épaisseur des cartes qui ne sont pas prêtes de s’user) en font un bien bel objet.

A noter que Mr Jack a eu droit à ses petites déclinaisons. Il y a tout d’abord une extension qui rajoute 5 personnages (nous ne l’avons pas au Dé Blanc). Il y a aussi une version dite « Mr Jack Pocket », petite boîte de voyage que vous trouverez dans notre assortiment, sans plateau mais avec un agencement de tuiles, sortie en 2010, et reposant sur des mécanismes un peu différents ; plus compact, plus court, le jeu est plus nerveux et toujours aussi tordu, voire plus (l’âge conseillé est de 13 ans, mais vous pouvez envisager moins avec des enfants qui ont l’habitude de réfléchir sur le premier jeu). Il y a encore Mr Jack New-York, dont nous ne disposons pas (pas encore?) ; une version plus complexe, plus cérébrale, avec bien plus de possibilités, et un plateau beaucoup plus changeant, ici l’âge conseillé étant de 14 ans.


Quelques liens :

Sur le site de l’éditeur (aussi la version pocket et New-York)

Sur le blog de Bruno Cathala (aussi la version pocket et New-York), avec des remarques très intéressantes sur le travail effectué pour chacun.

Fiche Tric Trac (aussi pour la version pocket et New-York)

Fiche Boardgamegeek (aussi pour la version pocket et New-York)

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