River Dragons

déc 9
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Nous allons aujourd’hui vous parler d’une résurrection,  celle des Dragons du Mekong, un jeu de Roberto Fraga sorti en 2000 qui a connu un joli succès mais qui avait depuis longtemps disparu des étals. C’est sous la houlette des éditions Matagot que le jeu est ressorti en 2012 sous le nom de River Dragons, avec un superbe habillage graphique dû à Piérô La Lune. Ce jeu pour 2 à 6 joueurs à partir de 8 ans propose des parties d’environ 30 minutes. Il se veut donc très familial et se destine à un public assez large. Il vous faudra ici traverser le delta du Mekong grâce à des pierres et des planches habilement disposés, tout en freinant bien entendu vos adversaires.

Le plateau de jeu représentant le delta du Mekong est placé au centre de la table ; à notre qu’il est recto-verso, un côté avec des ilots déjà représentés pour vous aider et un autre sans. Chaque joueur prend ensuite le pion de sa couleur qu’il place sur son village de départ. Selon le nombre de joueurs, on prendra certaines couleurs afin que la position soit plus intéressante à jouer. Chacun prend aussi le set de 13 cartes à sa couleur et ses 6 planches de longueurs différentes. On met à porte des joueurs une réserve de pions ronds et gris représentant des pierres, on désigne le premier joueur et la partie commence.

River Dragons fonctionne selon un classique mais toujours agréable principe de programmation. Chaque joueur va ainsi programmer en même temps faces cachées cinq actions grâce à ses cartes, dans l’ordre dans lequel il souhaite les jouer. Ensuite, chacun révèle sa première action, et l’effectue en commençant par le premier joueur et en faisant un tour de table. On fait ensuite de même avec la deuxième action, puis la troisième, etc., jusqu’à ce que les cinq actions programmées soit résolues. Chacun reprend alors toutes ses cartes en main, le jeton premier joueur passe au joueur suivant et on recommence en programmant cinq actions. Le vainqueur est le premier à atteindre son but sur la rive opposée du fleuve.

Passons donc en revue les différentes actions possibles :

  • poser une pierre. Le joueur dépose une pierre de la réserve sur l’un des ilots du plateau de jeu, sans dépasser du dessin de l’ilot. S’il n’y a plus de pierre en réserve au moment de jouer cette action, rien ne se passe.
  • poser deux pierres. Même chose que ci-dessus, mais avec deux pierres sur deux ilots différents.
  • placer une planche. Le joueur prend l’une de ses planches et décide de la placer entre un village de la rive et une pierre ou entre deux pierres (pierres et villages ne peuvent chacun supporter que 3 planches). Il n’y pas le droit de prendre une planche, vérifier si elle tient en distance entre les deux points puis d’en changer : une planche posée le reste. Si la planche est trop courte et ne peut être posée nulle part, elle est retirée du jeu.
  • placer deux planches. Même chose avec deux planches.
  • retirer une planche ou une pierre. Le joueur prend une planche sur laquelle il n’y a personne (et la met dans sa réserve même si elle est d’une autre couleur) ou une pierre sur laquelle ne repose aucune planche (et la remet dans la réserve commune). Un joueur ne peut pas avoir dans sa réserve deux planches de même longueur, ni plus de deux couleurs de planches différentes.
  • se déplacer de une planche. Le joueur déplace son pion de son village sur une planche qui y est rattachée ou d’une planche à une autre planche adjacente. La planche sur laquelle on arrive doit être inoccupée. On peut aussi se déplacer d’une planche vers un village sur la rive. Si aucun déplacement n’est possible au moment d’effectuer l’action, le pion tombe à l’eau et doit donc reprendre la traversée depuis son village de départ.
  • se déplacer de deux planches. Comme ci-dessus mais il faut effectuer deux déplacements consécutifs (il est possible d’envisager un aller-retour).
  • sauter par-dessus un pion. Le pion du joueur doit sauter par-dessus un pion adverse occupant une planche adjacente et atterrit sur une planche inoccupée au-delà. Comme ci-dessus,s si le déplacement n’est pas possible au moment d’effectuer l’action, le pion tombe à l’eau et revient à son village de départ.
  • les dragons. Chaque joueur possède une carte dragon de la couleur de chacun de ses adversaires. Si un dragon est joué, l’action du même tour du joueur visé est annulée. Si par exemple je joue un dragon bleu en troisième action, la troisième action du joueur bleu est tout simplement annulée et il ne jouera pas cette action ; il jouera par contre normalement ses actions 4 et 5.

Cette programmation va donc demander aux joueurs de deviner les intentions des autres, mais aussi de bluffer les adversaires avec des actions qu’ils ne peuvent pas prévoir. On se retrouve donc rapidement à imaginer des sales coups pour bloquer les autres, les faire tomber à l’eau, les empêcher d’atteindre leur but. A deux, la partie restera relativement calme, mais en augmentant le nombre de joueurs on obtient rapidement un certain chaos où il devient très difficile de prédire ce qui va arriver. Les chutes deviennent plus fréquentes.

River Dragons est un jeu très sympathiques et prenant. Les magnifiques illustrations permettent une ambiance bien rendue. On rit beaucoup, on peste aussi, avec cette belle réussite.

A noter que nous avions disposé à la sortie  du jeu d’une version surdimensionnée lors de notre soirée du 24 novembre 2012.

 

Quelques liens :

Sur le site Matagot

Fiche Tric Trac

Fiche Boardgamegeek

La règle en vidéo

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